Catégories
Vie Numérique

The Internet’s Own Boy

Ce film raconte l’histoire de Aaron Swartz, programmeur de génie et activiste de l’information. Depuis l’aide qu’il a apportée au développement de RSS à la co-fondation de Reddit, son empreinte est partout sur Internet. Mais c’est le travail révolutionnaire de Swartz autour des questions de justice sociale et d’organisation politique, combiné à son approche sans concession de l’accès à l’information pour tous, qui l’a pris au piège dans un cauchemar juridique de deux années. Cette bataille s’est terminée par son suicide à 26 ans.

L’histoire d’Aaron touche une corde sensible chez des personnes même éloignées des communautés online parmi lesquelles il était une célébrité. Ce film est une histoire personnelle à propos de ce que nous perdons lorsque nous restons sourds à la technologie et à ses relations à nos libertés civiles.

Catégories
Vie Numérique

Guerilla Open Access Manifesto

Cela fait aujourd’hui 3 ans que Aaron Swartz a mis fin à ses jours. Quelles qu’en soient les raisons — on ne peut évidemment pas s’empêcher de penser que le harcèlement judiciaire dont il faisait l’objet en est certainement une —, ce suicide reste un drame pour sa famille et aussi pour tous ceux qui croient que le savoir est un bien commun.

Pour lui rendre un modeste hommage, je retrancris son Manifeste de la Guérilla pour le Libre Accès. Vous trouverez ici le texte original en anglais écrit en juillet 2008.

L’information, c’est le pouvoir. Mais comme pour tout pouvoir, il y a ceux qui veulent le garder pour eux. Le patrimoine culturel et scientifique mondial, publié depuis plusieurs siècles dans les livres et les revues, est de plus en plus souvent numérisé puis verrouillé par une poignée d’entreprises privées. Vous voulez lire les articles présentant les plus célèbres résultats scientifiques ? Il vous faudra payer de grosses sommes à des éditeurs comme Reed Elsevier.

Et il y a ceux qui luttent pour que cela change. Le mouvement pour le libre accès s’est vaillamment battu pour s’assurer que les scientifiques ne mettent pas toutes leurs publications sous copyright et s’assurer plutôt que leurs travaux seront publiés sur Internet sous des conditions qui en permettent l’accès à tous. Mais, même dans le scénario le plus optimiste, la politique de libre accès ne concerne que les publications futures. Tout ce qui a été fait jusqu’à présent est perdu.

C’est trop cher payé. Contraindre les universitaires à débourser de l’argent pour lire le travail de leurs collègues ? Numériser des bibliothèques entières, mais ne permettre qu’aux gens de chez Google de les lire ? Fournir des articles scientifiques aux chercheurs des plus grandes universités des pays riches, mais pas aux enfants des pays du sud ? C’est scandaleux et inacceptable.

Nombreux sont ceux qui disent  : « Je suis d’accord, mais que peut-on y faire ? Les entreprises possèdent les droits de reproduction de ces documents, elles gagnent énormément d’argent en faisant payer l’accès, et c’est parfaitement légal, il n’y a rien que l’on puisse faire pour les en empêcher. » Mais si, on peut faire quelque chose, ce qu’on est déjà en train de faire  : riposter.

Vous qui avez accès à ces ressources, étudiants, bibliothécaires, scientifiques, on vous a donné un privilège. Vous pouvez vous nourrir au banquet de la connaissance pendant que le reste du monde en est exclu. Mais vous n’êtes pas obligés — moralement, vous n’en avez même pas le droit — de conserver ce privilège pour vous seuls. Il est de votre devoir de le partager avec le monde. Et c’est ce que vous avez fait  : en échangeant vos mots de passe avec vos collègues, en remplissant des formulaires de téléchargement pour vos amis.

Pendant ce temps, ceux qui ont été écartés de ce festin n’attendent pas sans rien faire. Vous vous êtes faufilés dans les brèches et avez escaladé les barrières, libérant l’information verrouillée par les éditeurs pour la partager avec vos amis.

Mais toutes ces actions se déroulent dans l’ombre, de façon souterraine. On les qualifie de « vols » ou bien de « piratages », comme si partager une abondance de connaissances était moralement équivalant à l’abordage d’un vaisseau et au meurtre de son équipage. Mais le partage n’est pas immoral, c’est un impératif moral. Seuls ceux qu’aveugle la cupidité refusent une copie à leurs amis.

Les grandes multinationales, bien sûr, sont aveuglées par la cupidité. Les lois qui les gouvernent l’exigent, leurs actionnaires se révolteraient à la moindre occasion. Et les politiciens qu’elles ont achetés les soutiennent en votant des lois qui leur donnent le pouvoir exclusif de décider qui est en droit de faire des copies.

La justice ne consiste pas à se soumettre à des lois injustes. Il est temps de sortir de l’ombre et, dans la grande tradition de la désobéissance civile, d’affirmer notre opposition à la confiscation criminelle de la culture publique.

Nous avons besoin de récolter l’information où qu’elle soit stockée, d’en faire des copies et de la partager avec le monde. Nous devons nous emparer du domaine public et l’ajouter aux archives. Nous devons acheter des bases de données secrètes et les mettre sur le Web. Nous devons télécharger des revues scientifiques et les poster sur des réseaux de partage de fichiers. Nous devons mener le combat de la guérilla pour le libre accès.

Lorsque nous serons assez nombreux de par le monde, nous n’enverrons pas seulement un puissant message d’opposition à la privatisation de la connaissance  : nous ferons en sorte que cette privatisation appartienne au passé. Serez-vous des nôtres ?

Texte traduit par Gatitac, albahtaar, Wikinade, M0tty, aKa, Jean-Fred, Goofy, Léna, greygjhart + anonymous, initialement publié sur Framablog et légèrement adapté par mes soins.
Illustration principale CC BY-SA 2.0 / Quinn Norton

Catégories
Technologies & Systèmes d'Information Vie Numérique

Le premier site web a 25 ans !

Il y a tout juste 25 ans, Tim Berners-Lee mettait en ligne le premier site web. C’était un peu « expérimental » côté interface et UX, mais cela fit naître, dans les années qui suivirent, l’immense espoir d’une dissémination et d’un partage de la connaissance pour tous… Et c’est sans doute par cet aspect des technologies web qu’est née ma passion pour internet.

tim

Vous pouvez voir à quoi ressemblait ce premier site sur un simulateur de navigateur fait par le CERN ou avec votre navigateur habituel… Attention, ça pique un peu les yeux 😉

 

Illustrations : (c) CERN

Catégories
Technologies & Systèmes d'Information Vie Numérique

Pourquoi j’ai choisi iVPN

logo-ivpn-redDans un précédent article, je vous indiquais quelques pistes pour vous aider à choisir votre service VPN. J’ai moi-même suivi ce questionnaire pour m’aider à choisir le service que j’utilise désormais depuis quelques semaines : iVPN. Je vous propose ici un petit retour d’expérience sur le sujet.

L’entreprise

iVPN est une société fondée en 2009 à Malte. Suite au changement de réglementation sur la TVA en Europe (2014), c’est désormais depuis Gibraltar qu’elle exerce son activité. Bien qu’étant un territoire britannique d’outre-mer (et grâce à sa position géographique, vraisemblablement une base d’écoute des liaisons Afrique / Europe pour la NSA et le GCHQ), ce territoire jouit d’une réglementation légale et fiscale « adaptée » (comprenez « pas tout à fait comme en Europe », dont elle adopte pourtant certaines réglementations). Ce positionnement est donc relativement favorable, pour le moment, notamment en ce qui concerne des dispositions de type Patriot-Act. Néanmoins, il conviendra de surveiller dans le temps la position de Londres sur ce statut particulier.
Membre de l’EFF, la mission d’iVPN — outre de gagner de l’argent, comme toute entreprise — semble être de fournir à ses clients des outils pour les aider à conserver un semblant de vie privée lorsqu’ils sont en ligne.
Cette entreprise ne possède pas ses propres serveurs, comme une grande majorité d’opérateurs de VPN : elle passe par des prestataires qui opèrent leurs propres infrastructures (SoftLayer Technologies fait partie de ses prestataires). Les serveurs sont entièrement chiffrés.
Il n’y a pas de procédure particulière en cas d’injonction à produire des données concernant un utilisateur du service (subpoena duces tecum) et pour cause : iVPN ne journalise pas les connexions et activités de ses utilisateurs, elle n’a donc rien à montrer en cas d’injonction. À noter, pour ceux que cela intéresse, le service publie un Warrant Canary, consultable à cette adresse, mais, de mon modeste point de vue, cela reste plus un « argument marketing » qu’une réelle garantie.

Données

iVPN fait partie des services qui sont totalement No-Log. Cette société ne stocke donc aucune donnée de connexion ou d’activité de ses clients. Cela concerne l’utilisation du service VPN proprement dit. Concernant les données liées au support, à l’envoi de mail et au système de ticketing (gestion d’incidents) elle utilise ses propres systèmes (pas de prestataire tiers) et stocke — a minima — les données nécessaires au traitement. Notez que ces systèmes ainsi que le système de gestion des comptes (notamment le paiement) ne sont pas liés entre eux par des données d’identification.
iVPN offre le paiement via Paypal, par bitcoin et même en liquide (prévoir un certain temps avant l’activation du compte).

Utilisation

Le service iVPN est accessible par 3 connexions simultanées avec L2TP/IPsec, PPTP ou OpenVPN (n’hésitez pas à comparer les protocoles et méthodes de connexion). L’utilisation via un routeur flash (DD-WRT, Tomato ou Merlin) est tout à fait autorisée et prévue par le service (il y a même un partenariat avec FlashRouters si vous ne souhaitez pas flasher vous-même votre routeur).
iVPN offre 17 points de sortie dans 10 pays différents, ce qui est assez pour mon usage, mais un peu faible relativement à certains concurrents. Notez que pour un usage P2P (autorisé et non limité), il vous est expressément demandé d’éviter les points de sortie situés aux USA.

Sécurité

Côté chiffrage c’est relativement classique avec du RSA-4096 / AES-256 (OpenVPN). Le service utilise ses propres serveurs DNS et ceux-ci sont non récursifs (ce qui permet de se prémunir de possibles fuites DNS). Un kill-switch est disponible, mais uniquement avec le client iVPN (Windows et MacOS seulement), mais je n’ai pas testé ce logiciel. En plus du service « simple », iVPN propose six liens Multihop avec des points de sortie aux USA, Royaume-Uni et Pays-Bas.

Performances

iVPN n’impose aucun filtrage de service ou limitation de bande passante. La seule limite est donc fixée par la qualité des points de sortie. J’ai réalisé des tests pour tenter d’évaluer la qualité de ces points de sortie. J’ai utilisé pour cela une connexion internet située en France et suffisamment rapide pour être au-dessus des capacités des points de sortie. Cela permet d’avoir une « majoration » du débit que l’on peut espérer lors d’un usage résidentiel (ADSL ou FTTx) :

[c5ab_tabs c5_helper_title= » » c5_title= » » type= »accordion » ]
[c5ab_tab icon= »fa fa-play » post= » » title= »Single-Hop – Accès direct » ]
Broadband Speed Test - Single Hop - FR Broadband Speed Test - Single Hop - HK Broadband Speed Test - Single Hop - IS Broadband Speed Test - Single Hop - UK Broadband Speed Test - Single Hop - US
[/c5ab_tab]
[c5ab_tab icon= »fa fa-forward » post= » » title= »Multi-Hop – UK vers USA et USA vers UK » ]

Broadband Speed Test - Double Hop - UK to US Broadband Speed Test - Double Hop - US to UK

[/c5ab_tab]
[/c5ab_tabs]

Pourquoi choisir iVPN ?

Lors de mon étude préliminaire, iVPN arrivait en deuxième position après le service proposé par la société NordVPN. Ce sont finalement les tests de bande passante et de disponibilité qui m’ont fait choisir iVPN plutôt que NordVPN, la différence étant très importante notamment sur les points de sortie européens. Si pour vous, utiliser des points de sorties performants en Europe n’est pas un facteur clé de votre décision, je vous conseille donc d’évaluer aussi NordVPN.

Je n’ai rencontré aucune difficulté à utiliser iVPN. Le service est simple à mettre en place sur un routeur Asus (cette installation fera l’objet d’un futur article). L’ensemble de mes appareils fonctionnent correctement et sans différence notable avec ce que j’avais avant, aussi bien à mon domicile (derrière le routeur) qu’en situation de mobilité (avec mon MacBook Pro notamment). Les tests que j’avait initialement fait correspondent bien à ce que je constate en usage normal. Si vous cherchez un bon service de VPN respectueux de votre vie privée et stable, je vous conseille vraiment ce service.

 

Disclaimer : avant de clore cet article, je tenais à vous rappeler que j’utilise ce service VPN à des fins personnelles avec un usage plus orienté sur le respect de ma vie privée (et de celle de ma famille) que sur les performances. Le contenu de cet article est valable pour cet usage et à la date d’aujourd’hui : je ne suis pas marié à vie avec iVPN et pourrais en changer si certains critères importants n’étaient plus respectés.

 

Illustrations : logo et homepage, (c) iVPN

Catégories
Technologies & Systèmes d'Information Vie Numérique

Comment choisir son service VPN ?

Il y a encore quelque temps j’utilisais simplement les infrastructures de Medialisme pour « anonymiser » et chiffrer le contenu de mon activité internet (et celle de ma petite famille). Le système assez technique à mettre en place, et dont je vous épargnerais les détails, était simple d’utilisation et relativement robuste et sécurisé. Mais depuis la fermeture de Voile-RC (et donc de Medialisme) en mai et les gentilles lois que nous ont votées nos élus, je me sentais un peu tout nu dès que j’allumais un ordinateur et cela n’était pas vraiment bon pour les bonnes résolutions que je comptais prendre dans ma nouvelle vie numérique. Comme il m’était impossible de reproduire, juste pour mon usage, le système que j’avais mis en place pour Medialisme — notamment pour des raisons de couts — j’ai décidé de me mettre en chasse d’un bon service VPN… Et je dois avouer que ça n’a pas été simple : une offre un peu obscure, pas facilement comparable et parfois relativement technique, beaucoup de beaux arguments marketing mis en avant pour cacher des choses plus ou moins avouables… J’ai donc passé quelques semaines à défricher le sujet et je me propose de le partager avec vous.

Je ne vais pas vous expliquer ici en quoi utiliser un VPN pour chiffrer vos communications est important — cela fera sans doute l’objet d’un article futur. Si vous lisez cet article, c’est que vous savez déjà pourquoi votre privée est importante pour vous, vos proches et moins proches et que vous cherchez à vous y retrouver dans la multitude des offres VPN pour choisir un prestataire en toute connaissance de cause…

[c5ab_divider c5_helper_title= » » margin_top= »0″ margin_bottom= »0″ ]

 

Avant d’aller plus loin, passons quelques lignes à rappeler ce qu’est un VPN et en quoi son utilisation permet de mieux protéger notre vie privée.

Lorsque nous surfons sur le web, relevons nos emails, accédons à des services en ligne via des applications, mobiles ou non, notre ordinateur ou smartphone échange des informations avec un ou des serveurs distants. Si ces informations ne sont pas chiffrées, elles sont accessibles « en clair » à n’importe qui ou n’importe quoi se trouvant sur le trajet (par exemple les fameuses boites noires — introduites par la loi 2015-912 du 24 juillet — déposées chez notre fournisseur d’accès à internet). Et ces données ainsi directement accessibles peuvent nous être associées puisque notre ordinateur a — à l’insu de son plein gré — indiqué qui il était en fournissant son adresse IP.

Vous l’avez compris le défaut de confidentialité de ce que nous faisons sur internet est majoritairement lié à deux éléments : l’absence de chiffrage des données (avec qui nous communiquons, le contenu de nos emails, quels sites web nous visitons, etc.) et la fourniture par notre ordinateur de son « identification » sur le réseau (son adresse IP).

Un serveur VPN est un serveur distant auquel notre ordinateur ou mobile va se connecter de façon chiffrée et qui va recevoir et rediriger tout le trafic internet en provenance et à destination de notre ordinateur. Ce flux étant chiffré, il ne sera pas exploitable directement (y compris par notre fournisseur d’accès à internet) et qui plus est les services auxquels nous accèderons ne verront pas notre adresse IP mais celle du serveur VPN auquel nous sommes connectés.

L’utilisation d’un serveur VPN permet ainsi de résoudre tout ou partie des problèmes évoqués plus haut. Qui plus est, son utilisation permet de passer outre les limitations géographiques que nous imposent certains services (par exemple de streaming vidéo) : la localisation se fait maintenant à partir de l’adresse IP du serveur VPN, et il suffit donc d’utiliser un serveur VPN situé, par exemple, en Norvège pour faire croire au service accédé que notre ordinateur se situe physiquement en Norvège. Elle apporte aussi quelques autres avantages de moindre importance.

[c5ab_divider c5_helper_title= » » margin_top= »0″ margin_bottom= »0″ ]

 

Ceci étant posé, comment choisir ce service VPN ? Sur quels critères se baser pour comparer les offres ? Voici les axes de comparaison — et de sélection — que j’ai utilisés. Ils ne sont peut-être pas les seuls que vous voudrez utiliser, mais cela vous donnera toujours une liste de départ :

L’entreprise

En souscrivant un contrat de service VPN vous allez, de fait, accorder une certaine confiance à l’entreprise qui va vous fournir ce service. Même si cette confiance doit rester toute relative, il est important d’essayer de comprendre quelle est cette entreprise. Les points les plus importants à investiguer sont :

Où est-elle établie ? Cela vous permettra de savoir de quelle juridiction dépend cette entreprise… et par voie de conséquence quelles lois nationales l’impactent. Cela a une influence sur le risque que vous faites courir — ou non — aux données qu’elle stocke sur vous (notamment les données de connexion et de paiements) et à quelles demandes judiciaires elle peut répondre. Par exemple, une société basée au Panama ou en Islande n’aura pas à répondre à des demandes de type DMCA ou certaines formes de requêtes judiciaires alors qu’une société établie aux USA y donnera, quant à elle, une suite systématiquement favorable.

Depuis combien de temps existe-t-elle ? Plus une société existe depuis longtemps plus il y a des chances que son modèle économique tienne la route et que le service soit à la hauteur des tarifs qu’elle propose. Cela peut aussi avoir une influence sur sa « solidité » technique (notamment la diversité et le nombre de points de sortie) et qui plus est, vous aurez plus de chance de trouver sur le web des avis argumentés sur sa qualité.

Quelle est la mission de cette entreprise ? Comment se présente-t-elle ? Cela a-t-il l’air sincère ? N’oubliez pas que ce que vous trouverez sur son site institutionnel correspond à la façon dont elle veut être perçue. Vérifiez donc impérativement auprès de vos connaissances et sur le web ce qu’en disent les utilisateurs et s’il n’existe pas des « révélations » sur son activité. Et recoupez toujours ces informations pour ne pas vous laisser désinformer par des concurrents. Par exemple, ce que vous trouverez concernant le service VyprVPN devrait suffire à vous alerter…

Autres questions potentielles : qui gère et à qui appartiennent les datacenters et les serveurs exploités par le service ; quelles sont les procédures de réponse (et d’alerte de l’utilisateur) dans le cas de la réception d’une requête judiciaire ; etc. ?

Vos données

Aussi incroyable que cela puisse paraitre au regard des raisons d’être d’une entreprise offrant un service VPN, cette société a toujours plus ou moins besoin de stocker des informations vous concernant. Voire de les partager avec d’autres entreprises. Posez-vous donc les questions suivantes :

Vos données de connexion et d’activité sont-elles stockées ? Certaines de ces sociétés ont une tactique No-Log : elles n’enregistrent rien concernant votre activité et vos connexions à leurs services. D’autres, non ! Pour ma part, j’ai décidé d’éliminer systématiquement celles qui ne sont pas No-Log.

Peut-on payer anonymement ? Certains services sont payables en bitcoins ou carte prépayées que l’on peut acheter en grande surface avec des espèces. Si c’est le cas, c’est plutôt un bon signe… et une bonne option à utiliser.

Quelles autres données peuvent être stockées, et peuvent-elles être partagées avec des tiers ? Se poser cette question peut paraitre saugrenu tant elle parait antinomique avec la finalité d’un service VPN. Néanmoins, il s’agit d’un impondérable pour les sociétés offrant du support, des newsletters,… Vérifiez surtout la façon dont les données peuvent être associées entre elles (certaines sociétés proposent un service de support qui n’est lié d’aucune façon au compte utilisateur, par exemple) et avec quels prestataires tiers cela peut être partagé.

Autres questions potentielles : quels outils sont utilisés pour la supervision ; quels DNS sont utilisés (internes ou externes) ; etc. ?

Utilisation

Cette fois-ci, il s’agit de vérifier l’adéquation du service qui est proposé avec vos usages :

Combien de connexions ou périphériques simultanés sont-ils autorisés ? Si vous souhaitez protéger votre ordinateur, votre smartphone, votre tablette, etc. vérifiez que vous pourrez le faire avec un seul abonnement. La plupart des services VPN fonctionnent pour plus d’une connexion ou d’un périphérique, mais rarement plus de cinq.

Le service propose-t-il des logiciels adaptés à vos configurations ? Si vous êtes sous MacOS, notamment, pensez vraiment à valider la chose. Ou alors, choisissez d’utiliser un client OpenVPN disponible sur un maximum de plateformes. Il existe aussi un bon nombre d’outils tiers de connexion OpenVPN sur Windows, Mac, Androïd et iOS

Quels protocoles/méthodes de connexion sont autorisés ? À vérifier en fonction de vos périphériques et de ce qui est plus ou moins sécurisé. Dans tous les cas, oubliez le PPTP qui est une vraie passoire.

L’utilisation via routeur est-elle possible ? Si vous choisissez de protéger votre réseau local complet (quel que soit le périphérique qui s’y connecte, par exemple une X-Box ou une Apple TV), il faut vous assurer que votre routeur le permet… et que le service VPN aussi ! Pour ma part, c’était un prérequis car je souhaitais accéder à internet via un routeur sous Tomato. Pour vous ce n’est peut-être pas le cas.

Combien de points de sortie et de serveurs sont disponibles ? Cela est souvent, mais pas toujours, un indicateur de la performance du service. Plus ces nombres sont grands, plus les chances d’avoir un service rapide sont réelles. Mais cet indicateur ne peut pas, à lui seul, remplacer un bon benchmark !

Autres questions potentielles : quels pays sont couverts ; le service respecte-t-il la neutralité du réseau ; quelles sont les limitations d’usage qualitatives et quantitatives ; etc. ?

Sécurité

Chaque service VPN a ses propres particularités en matière de sécurités. Assurez-vous d’avoir accès aux fonctionnalités dont vous avez besoin :

Quels niveaux de cryptage, quels types ? À quelques exceptions près, il est possible de « moduler » le type et le niveau de cryptage utilisés. Vérifier que ce qui est proposé par le service correspond bien au niveau dont vous avez besoin. Si cela est du chinois pour vous, rapprochez-vous de quelqu’un qui a la compétence, il doit bien y en avoir dans votre entourage.

Y a-t-il une protection contre les fuites DNS et quels sont les DNS utilisés ? L’utilisation (invisible à vos yeux) de services DNS peut laisser pas mal de traces de votre activité sous forme de métadonnées d’activité. Vérifiez que les DNS sont bien internes et que le service protège des fuites DNS ou alors utilisez un système complémentaire de chiffrage DNS, tel que DNSCrypt en vérifiant du coup la compatibilité du service VPN avec de tels systèmes.

Le service propose-t-il un kill-switch ? Un kill-switch permet de bloquer automatiquement vos connexions si le tunnel VPN est défaillant ou si le service VPN ne peut plus fonctionner correctement. Cela permet de ne pas exposer involontairement vos données en cas de défaillance du service

Autres questions potentielles : quels sont les niveaux de sécurités complémentaires proposés ; le service propose-t-il un double ou triple VPN ; existe-t-il des sorties TOR spécifiques ; etc. ?

Tarifs

Bien que les offres tarifaires des services VPN restent sensiblement homogènes (à fonctionnalités équivalentes), n’hésitez pas à les comparer. Les prix s’étalent généralement de 6$ à 20$ par mois, mais il est possible d’obtenir des réductions significatives en payant à l’année. Pensez aussi à vérifier s’il n’existe pas des coupons ou des offres promotionnelles particulières.
Notez que j’ai éliminé toutes les offres gratuites car je ne les trouve pas sérieuses et parce que ce vieil adage me parait fort applicable au monde des VPN…

[c5ab_divider c5_helper_title= » » margin_top= »0″ margin_bottom= »0″ ]

 

Une fois toutes ces réponses en votre possession, à vous de pondérer les questions : préférez-vous un service ultrarapide, mais situé aux USA ou êtes-vous prêt à sacrifier un peu de vitesse pour souscrire un service dans un pays respectueux de la vie privée ? La mission de l’entreprise a-t-elle plus d’importance à vos yeux que les tarifs qu’elle pratique ? Etc.

Ce sont vos exigences propres qui vous permettront d’établir cette pondération. Vous verrez alors qu’il ressort très nettement du lot moins d’une dizaine de services…

Pour ma part, après cette phase, je n’ai gardé que les trois meilleures et je suis passé à la seconde phase :

Tester les services

On ne le dira jamais assez : toutes les informations que vous avez récoltées concernant la vitesse du service doivent être validées. En effet, même si cette vitesse dépend bien évidemment du service, elle dépend aussi de votre connexion, de votre environnement technique et de votre localisation géographique. Ne prenez donc rien comme argent comptant et vérifiez par vous même !
Certains services proposent une période d’essai, profitez-en. Pour ceux qui n’en proposent pas, prenez un mois d’abonnement.
Pour ma part, j’ai fait le choix de tester en même temps les trois services que j’avais identifiés. J’ai donc pris trois abonnements au même moment, je les ai configurés sur la même machine et je bascule de l’un à l’autre régulièrement pour mon usage réel et pour mesurer la bande passante. Cela permet d’avoir des conditions de test quasi équivalentes et donc… comparables !
Pour tester la bande passante, vous pouvez utiliser des outils classiques en ligne (du genre SpeedTest pour ne citer que celui-là), il n’y a pas de différence de type de mesure entre avec VPN et sans VPN

[c5ab_divider c5_helper_title= » » margin_top= »0″ margin_bottom= »0″ ]

 

J’espère que cet article vous aura apporté un peu d’aide dans votre quête du service VPN idéal (qui n’existe pas, c’est toujours une affaire de compromis). Dans tous les cas, n’oubliez jamais que l’utilisation d’un service VPN n’est pas suffisante en soi pour se prémunir totalement de l’ensemble des dangers que peuvent rencontrer vos données sur internet. Il s’agit d’une mesure de base permettant de complexifier fortement le travail de ceux qui cherchent à capter ces données, à les stocker et à les exploiter. Plusieurs autres mesures complémentaires peuvent être prises pour accroitre cette difficulté. Elles feront l’objet de futurs articles.

Catégories
Vie Numérique

Comment avez-vous pu ?

C’est finalement sans surprise, après un véritable simulacre de démocratie destiné à donner le change à une population anesthésiée, que vous avez voté cette loi honteuse et infamante. En faisant cela, vous avez choisi de mettre sous surveillance l’ensemble de la population Française. Pour de simplistes calculs politiques, et par une lâcheté sans nom, vous avez choisi de désigner chaque citoyen comme votre ennemi. Comme celui qu’il faut surveiller et contrôler jusque dans sa liberté de conscience politique, syndicale ou religieuse.

En faisant cela, vous venez de trahir la voix du peuple que votre devoir était de représenter. Vous venez de trahir ce qui fait notre République. Vous venez de trahir la mémoire et l’oeuvre de ceux qui, au fils de notre Histoire récente, se sont levés – et pour beaucoup, ont perdu la vie – pour que notre pays soit celui de la Liberté, de l’Égalité et de la Fraternité…

À compter de ce jour, et bien que mes faiblesses passées eurent pu me donner l’illusion du contraire, je ne vous reconnais plus aucun droit à parler en mon nom ou à représenter mon pays dans quelque instance que ce soit.

Je vous vomis autant que je vous exècre !

 
Illustration principale CC BY-SA 3.0 / Richard Ying et Tangui Morlier

Catégories
Projets Vie Numérique

Ma nouvelle vie numérique

Ça a été un déchirement total. Et une vraie délivrance aussi.

Lorsque j’ai mis fin, le 13 mai, au résultat de 8 années de travail intense j’étais dévasté de tourner définitivement cette page de ma vie.
Mais j’étais heureux aussi. Heureux d’avoir eu l’honnêteté et le courage de stopper l’acharnement thérapeutique et de pouvoir – enfin – passer à autre chose.

Les quelques jours qui ont suivi, j’ai fébrilement démonté tout ce qui devait l’être, détruit des serveurs, purgé des disques, résilié des contrats, mis fin à des abonnements, cloturé des comptes, fermé des adresses email, transféré des pages Facebook et des comptes Twitter. J’ai aussi reçu plusieurs centaines de mails de soutien, de tristesse, de reproches, de haine ou d’étonnement et, bizarrement, cela m’a fait un bien fou. C’est difficile de décider de changer de direction. Mais une fois que cette décision est prise et que le point final a été écrit, un nouveau monde des possibles s’ouvre. Une nouvelle vie commence. Et la mienne, de nouvelle vie, a commencé quand j’ai détruit le dernier serveur de la plateforme Medialisme.

Le titre de ce billet peut être trompeur. Je suis de ceux dont la vie numérique est intimement mêlée à la vie tout court. Cette nouvelle vie numérique que j’entame est à la fois la conséquence et la cause d’un vrai changement de rythme de vie : ne plus passer de temps sur la plateforme Medialisme c’est aussi me donner plus de temps pour profiter de ma famille et de mes proches. Pour approfondir certaines idées et envies. Pour développer des projets personnels… Bref pour tout ce que j’avais partiellement mis entre parenthèses au cours de ces dernières années !

Cette nouvelle vie numérique je la partagerais avec ceux qui le souhaitent par l’intermédiaire d’un Journal de Bord — le site sur lequel vous lisez ces quelques lignes.

Petit détail qui a une vraie importance, ce Journal de Bord n’est pas physiquement hébergé en France. C’est le premier pas dans la réappropriation de ma vie numérique, le premier signe tangible que beaucoup de choses ont changé pour moi, ce 13 mai 2015.

Bienvenue à vous !