Cela faisait plusieurs années que je voulais y aller et je n’avais jamais réussi à trouver le temps. Cette année j’ai donc décidé de bloquer la date et de m’inscrire dès le mois de décembre. Et j’y suis allé — ce qui est quand même bien mieux que de regarder a posteriori les vidéos…

Avant d’aller plus loin, je voulais apporter une précision — pour ceux qui ne connaissent pas l’USI — sur ce qu’était et ce qu’est maintenant cet évènement.

Initialement l’USI était une suite de conférences (organisée par un intégrateur informatique, Octo Technology) à destination de ceux qui ont un intérêt pour les technologies de l’information — qu’ils soient geeks ou boss. L’acronyme USI, qui signifiait « Université du Système d’Information », positionnait clairement l’événement à mi-chemin entre un Devoxx et un TED : un mélange hétéroclite et bouillonnant qui proposait une « ouverture » à ses participants et un moyen d’étendre son réseau. Avec le temps cet évènement a perdu son côté « pour un public averti » en se recentrant sur l’aspect inspirationnel. L’acronyme, qui signifie désormais « Unexpected Sources of Inspiration » indique bien que nous sommes passés d’un monde de l’information un peu réservé aux experts à celui d’une transformation numérique de notre société où chacun peut puiser son inspiration dans l’expérience, les réussites et les échecs des autres.

Et c’est exactement ce à quoi j’ai pu participer au fil des conférences et discussions de cette édition 2015. Un moment de découverte ou redécouverte. Un moment pour suspendre le rythme effréné de mon activité professionnelle et me poser les (bonnes) questions. Un moment pour partager des doutes ou des certitudes. Un moment pour aborder des sujets habituels sous un angle inhabituel,…

Il y a eu de très belles conférences avec des intervenants de qualités, notamment :

  • Yann LeCun pour un état du deep-learning ;
  • Mike Monteiro venu mettre le feu (comment les designers détruisent le monde) ;
  • Christian Monjou pour un exercice pratique sur l’intérêt de déchiffrer des tableaux (pas ceux faits avec Excel, hein ; ceux qui sont faits par des grands maitres de la peinture) ;
  • Jared Spool avec une hilarante présentation du modèle de Kano ;
  • Mikko Hypponen sur les enjeux sécuritaires de l’IoT et de la diffusion volontaire ou non de nos données.

Il y a eu aussi plein de conférences très sympas (et enthousiasmantes) sur le mouvement des makers, sur les exponential ou responsive organizations,…

Au titre des très grands regrets, je noterais principalement le temps minimaliste accordé à Yann Moulier-Boutang venu présenter en 20 minutes le « Régime de la propriété dans le capitalisme cognitif » ainsi que celui accordé à Henri Verdier pour nous parler de la manière dont l’état français ouvre ses données… Quel dommage, j’espère sincèrement que ce type d’interventions (et d’intervenants) auront des créneaux plus larges l’année prochaine…

Et puis il y a eu LA conférence. Celle que l’on n’attend pas vraiment (mais que l’on peut espérer). Et pour le coup, elle est venue de quelqu’un auquel je ne m’attendais pas du tout.
Bien sûr je connaissais déjà Cédric Villani. J’avais déjà vu quelques interviews de lui. J’avais suivi de très loin la notoriété et l’exposition médiatique que lui avait conférée sa médaille Fields en 2010. J’avais aussi perçu qu’il avait utilisé cette (re)connaissance du grand public pour promouvoir l’image des sciences et de la mathématique. Mais pas plus que cela finalement.
Et là j’ai découvert qu’en plus d’être certainement un formidable mathématicien (je fais plus confiance à d’autres que moi sur ce sujet), c’était avant tout un Homme avec une vraie personnalité, un scientifique avec une véritable facilité pour l’introspection. Finalement, quelqu’un qui semble très attachant, un personnage avec une « épaisseur ».
Le thème de son exposé était « Pour faire naître une idée ». Je vous jure que j’en suis ressorti bien décoiffé. C’était brilliantissime et totalement inspirant. Une sincère et modeste leçon de vie du scientifique face à ce qui reste le plus grand mystère de l’Homme finalement : comment nait une idée ?
Promis, dès que la vidéo de la conférence est publiée, je vous en reparle. En attendant, vous pouvez voir le « zapping » :

 

Illustration : logo USI 2015, (c) Octo Technology

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